Nos propositions
Nous proposons 20 mesures pour faire du vélo une évidence, un mode de déplacement sûr et efficace, et répartir l’espace public équitablement entre tous les usagers.
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Pour un réseau cyclable continu et sécurisé
Le réseau vélo parisien s’est fortement développé au cours des 6 dernières années. Pour autant, trouver un itinéraire sécurisé de bout en bout reste encore très souvent un casse-tête. Les coupures sur les grands axes, les pistes discontinues ou sous-dimensionnées constituent un frein majeur à l’adoption du vélo, et mettent en danger ceux qui roulent au quotidien.
Pour permettre à toutes et tous de traverser Paris sereinement à vélo, tous les grands axes doivent être équipés d’un aménagement cyclable protégé du trafic motorisé et capacitaire pour constituer le réseau structurant de la capitale. Certaines pistes existantes, aujourd’hui sous-dimensionnées, doivent également être réaménagées pour répondre aux usages actuels (les Maréchaux, Magenta ou Sébastopol par exemple).
Une priorité doit être donnée à l’ouest de la capitale, aujourd’hui nettement moins bien doté en aménagements cyclables, alors que le nombre de cyclistes y augmente fortement.
Un point de méthode : à quelques exceptions près, les axes simples à réaménager, suffisamment larges pour permettre l’ensemble des usages ont déjà été équipés d’une piste cyclable. Il reste donc à aménager des axes pour lesquels il faudra faire des choix entre les différents usages. Les axes étant interdépendants entre eux, pour faire ces choix de manière judicieuse, il faudra réfléchir de façon globale, à l’échelle de Paris.
Dans un Paris à 30 km/h, allant de pair avec la réduction du stationnement automobile en surface, il est impératif d’autoriser le double-sens cyclable dans toutes les rues de Paris. Facile et rapide à mettre en œuvre, c’est une modalité sûre qui simplifie la vie des cyclistes et leur permet de trouver des itinéraires alternatifs pour éviter d’emprunter les axes qui restent encore hostiles au vélo.
Les résultats du Baromètre Vélo 2025 montrent que les intersections sont vécues par les cyclistes comme les points noirs de la circulation à vélo à Paris. Outre ce ressenti, ce sont aussi les zones les plus accidentogènes.
Même les carrefours et les places récemment réaménagés ne sont pas toujours sécurisants : trajectoires alambiquées, espace peu lisible et prêtant à confusion, feux placés de manière peu logique et/ou utile, mouvements tournants automobiles en conflit avec les traversées piétonnes et vélos, zones de stockage sous-dimensionnées, voire oubliées, ressauts pénibles, décourageants et même dangereux.
La Ville de Paris semble encore tâtonner un peu sur la meilleure façon de les aménager. Les meilleures pratiques, éprouvées depuis des décennies aux Pays-Bas, sont encore mal comprises et appliquées. Le phasage de feux continue d’envoyer des flux massifs de véhicules motorisés tournants dans la trajectoire des vélos et des piétons, les mettant ainsi directement en danger.
Le prochain mandat doit être l’occasion de réfléchir collectivement à une approche cohérente, unifiée et systématique pour sécuriser tous les carrefours de Paris. Ils doivent tous inclure des itinéraires cyclables clairement identifiables, pratiques pour les vélos, et séparés de la route lorsque le trafic est important.
Enfin, il est encore trop dangereux et difficile de faire un trajet Paris–banlieue à vélo. Les portes de Paris, sortes de supers carrefours, restent encore bien trop hostiles pour les cyclistes. Pourtant, le matin en heure de pointe, près d’un déplacement sur 5 entre Paris et la petite couronne se fait déjà à vélo, autant qu’en voiture. Ces cyclistes, dont le nombre continuera d’augmenter avec la mise en place du réseau Vélo Île-de-France, doivent pouvoir se déplacer en sécurité. Ainsi, comme les carrefours, les portes de Paris doivent être réaménagées pour permettre la circulation des vélos.
Protéger les cyclistes et les piétons
À Paris, piétons et cyclistes restent des usagers vulnérables de l’espace public.
Nous souhaitons voir la ville de Paris s’engager dans une « vision 0 mort, 0 blessé grave ». La « vision 0 mort, 0 blessé grave » considère que chaque accident grave ou mortel est inacceptable. Cette vision suppose une démarche d’amélioration continue : il n’est pas possible que le nombre de blessés et de morts sur la route stagne, seule une diminution jusqu’à la disparition est acceptable. Dès lors que l’on accepte que l’humain n’est pas infaillible lorsqu’il se déplace dans l’espace public, il est nécessaire de mettre en place des règles et des aménagements pour réduire les conséquences des erreurs humaines.
Cette approche a été développée en Suède dans les années 90, et mise en place dans des villes comme Helsinki (Finlande) ou la métropole de Lyon (France). Et ça fonctionne : à Helsinki, il n’y a eu aucun mort dans un accident de la route en 2024.
Concrètement, nous demandons la mise en place d’un groupe de travail associant la Ville, la préfecture et les associations, chargé de réaliser des analyses multifactorielles des accidents graves et mortels. Ces analyses doivent permettre d’identifier toutes les causes, qu’elles relèvent des infrastructures ou des comportements, et de mettre en œuvre des actions préventives ciblées.

© Jean-Michel Sicot
La limitation à 30 km/h est la première mesure de sécurité routière. Elle réduit drastiquement la gravité des accidents et encourage le développement des mobilités actives. Pourtant, à Paris, le panneau seul ne suffit pas : la vitesse excessive reste l’une des premières sources d’insécurité ressentie par les cyclistes.
Pour rendre le 30 km/h réellement effectif, il est indispensable de multiplier les contrôles de vitesse, en particulier sur les grands axes. Ces contrôles doivent être visibles, réguliers et doivent également passer par l’implantation de radars automatiques de vitesse.
Dans les cœurs de quartier, il faut généraliser les dispositifs qui font ralentir la circulation : oreilles de trottoir, trottoirs traversants, chicanes et écluses… Ces aménagements sont bénéfiques à la sécurité des cyclistes comme à celle des piétons.
En réduisant la vitesse, on protège les usagers les plus vulnérables, on diminue le bruit et on rend les quartiers plus agréables à vivre au quotidien.
La Ville doit mobiliser la police municipale pour sanctionner les comportements qui mettent en danger les piétons et les cyclistes, usagers vulnérables de l’espace public.
Nous demandons une priorisation de sanction des infractions qui les mettent en danger :
- stationnement automobile sur les pistes cyclables, les passages piétons et les trottoirs,
- non-respect de la priorité piétonne par les automobilistes, comme par les cyclistes,
- excès de vitesse,
- refus de priorité aux cyclistes qui vont tout droit par des automobilistes qui tournent à droite.
Cette verbalisation doit passer à la fois par l’utilisation des moyens de vidéoverbalisation que par des contrôles réalisés par les policiers municipaux dans les rues, à toute heure de la journée, ainsi que par l’implantation de radars automatiques de vitesse et de feux rouges.
Nous souhaitons que l’action de la police municipale soit pleinement orientée vers la protection des usagers vulnérables. Cela suppose une formation renforcée de tous les policiers municipaux aux enjeux spécifiques de la circulation à vélo et à pied pour cibler les infractions qui mettent en danger cyclistes comme piétons.
Prendre plaisir à vivre la ville à l’heure du réchauffement Climatique
L’espace public est un lieu de vie où le premier réflexe devrait être de pouvoir se déplacer à pied ou à vélo. Or, bien que moins d’un tiers des Parisiens possèdent un véhicule et que seuls 4 % des déplacements soient motorisés, l’espace public parisien est encore largement dominé par la voiture, que ce soit pour la circulation ou le stationnement. Même les quartiers résidentiels, avec le développement des applications GPS telles que Waze, n’échappent pas aux flux de circulation automobile et à son lot de désagréments : bruit, pollution et insécurité routière.
Le développement des pistes cyclables, s’il constitue un immense progrès, relègue cependant toujours les cyclistes le long d’axes routiers bruyants et pollués.
Si l’on veut faire de Paris une ville où l’on a plaisir à se déplacer à pied et à vélo, il est nécessaire de continuer à rééquilibrer l’espace public au profit des piétons et des cyclistes. Ces lieux agréables, végétalisés, à l’écart de la circulation automobile sont nécessaires dans une ville où la température monte à plus de 40 degrés tous les étés.
Nous proposons de créer de grandes trames vertes, c’est-à-dire des boulevards ou avenues réservés aux cyclistes et aux piétons afin de traverser la capitale sans stress, à l’écart de la circulation automobile et au milieu de la végétation.

L’avenue de l’Opéra végétalisé et réservée aux piétons, cyclistes et bus
@Jean-Baptiste Peter
Paris est l’une des villes les plus visitées au monde pour ses monuments, ses perspectives, son architecture. Pourtant, une part importante de ce patrimoine exceptionnel est aujourd’hui traversée et encombrée par le trafic de transit.
Le vélo et la marche sont des modes de transport qui permettent de voir la ville. Ils offrent la bonne vitesse pour admirer une façade, s’arrêter devant un monument…
Réserver certains environs de sites patrimoniaux majeurs aux piétons et aux cyclistes, c’est choisir de mettre en valeur le patrimoine.

Les guichets du Louvre réservés aux cyclistes et piétons @Jean-Baptiste Peter
Aujourd’hui encore, trop de cœurs de quartier accueillent un trafic automobile bien trop important, parce qu’ils sont utilisés comme raccourcis par des automobilistes pressés qui veulent éviter les grands axes.
Pour retrouver le plaisir d’y circuler à pied et à vélo, il faut pouvoir réduire ce trafic automobile sans bénéfice pour la vie de quartier en définissant des espaces où la circulation des voitures n’est plus possible ou réservée aux seuls riverains.
Retirer ce trafic profite à tout le monde : aux piétons et aux cyclistes, moins mis en danger avec un trafic plus faible et, le plus souvent, plus lent ; aux automobilistes locaux, qui ne sont plus coincés entre deux automobilistes pressés ; aux commerces, qui profitent d’une rue apaisée et agréable ; aux riverains, qui retrouvent un calme perdu.
Pour atteindre ce résultat, il faut repenser la circulation à l’échelle du quartier. Quelques solutions simples permettent d’apaiser les rues et d’en refaire des espaces à vivre : piétonniser et végétaliser des rues, transformer des rues en semi-impasses grâce à des espaces végétalisés, potelets, aires de jeux, créer des sens uniques en tête-bêche (deux sens uniques qui se font face ou se tournent le dos).
Cela nécessite de changer les habitudes des habitants du quartier, des commerçants mais le jeu en vaut la chandelle : c’est rendre nos quartiers plus sûrs pour les cyclistes et les piétons, plus calmes pour les riverains, plus conviviaux et plus résilients grâce à la végétalisation.
Doubler l’offre de stationnement vélo
Pour se garer à son domicile – pouvoir disposer d’un local pratique et sécurisé dans son lieu d’habitation
Le manque de stationnement sécurisé au domicile est un frein majeur à la pratique du vélo. Il faut permettre à chacun de disposer d’un local vélo pratique et sécurisé dans son lieu d’habitation.
Nous proposons de confier à l’Agence Parisienne du Climat une mission d’accompagnement clé en main (financière et technique) des copropriétés et bailleurs sociaux qui souhaitent créer du stationnement vélo sécurisé, sur le modèle de CoachCopro pour la rénovation énergétique.
Le manque de stationnement sécurisé au domicile est un frein majeur à la pratique du vélo. Il faut permettre à chacun de disposer d’un local vélo pratique et sécurisé dans son lieu d’habitation.
Dans le parc social parisien, toutes les résidences doivent être équipées d’une solution de stationnement vélo sécurisée, bien dimensionnée et adaptée aux usages.

Le vélo accompagne désormais les Parisiennes et les Parisiens dans tous leurs déplacements. Il faut pouvoir garer son vélo partout, tout le temps.
Nous demandons de doubler le nombre d’arceaux vélo, en créant des emplacements sur les espaces libérés par la réduction du stationnement automobile. Dans une ville où seuls 4 % des déplacements se font en voiture, il ne devrait plus y avoir une seule rue avec du stationnement automobile bilatéral.
Le vélo accompagne désormais les Parisiennes et les Parisiens dans tous leurs déplacements. Il faut pouvoir garer son vélo partout, tout le temps.
Pour simplifier la vie des familles qui se déplacent à vélo, et notamment celles utilisant des vélos cargo, et qui rencontrent encore de grandes difficultés pour se stationner, nous proposons d’équiper 100 % des équipements publics et lieux de culture d’arceaux adaptés aux vélos cargo.
Piscines, gymnases, bibliothèques, conservatoires ou salles de spectacles, tous les lieux fréquentés en familles doivent permettre un stationnement sécurisé pour les vélos familiaux.
Le vélo accompagne désormais les Parisiennes et les Parisiens dans tous leurs déplacements. Il faut pouvoir garer son vélo partout, tout le temps.
Les événements culturels, festifs ou commerciaux (concerts, marchés, compétitions sportives) prenant place dans l’espace public doivent obligatoirement proposer des zones de stationnement vélo, dès 500 personnes attendues.

Stationnement vélo temporaire lors des Jeux Olympiques de 2024

Stationnement vélo temporaire du semi-marathon de Paris
Avec l’augmentation du nombre de vélos personnels, de grands parkings vélos publics, surveillés et bien conçus deviennent indispensables.
Nous proposons d’en créer aux endroits stratégiques, par exemple :
- dans le centre de Paris (ex. Châtelet – Les Halles) via la requalification de certains parkings automobiles aujourd’hui moins fréquentés,
- à proximité des grandes gares pour favoriser l’intermodalité.
Un abonnement unique doit permettre d’accéder à l’ensemble de ces parkings, avec une tarification adaptée aux usages occasionnels, sur le modèle des parkings automobiles.

Parking vélo de la Gare du Nord Photo : Pierre Morel
Le vélo accessible à toutes et tous
Pour permettre à chacun de choisir le vélo, l’apprentissage doit commencer dès le plus jeune âge. Le dispositif « Savoir Rouler à Vélo » vise à apprendre à tous les élèves de primaire à se déplacer à vélo en ville avant l’entrée au collège. La meilleure façon de les encourager à continuer à se déplacer en vélo plus tard !
Généraliser ce dispositif dans les écoles parisiennes, c’est former les cyclistes de demain et permettre des pratiques sûres.

Formons les cyclistes de demain

Le dispositif Savoir rouler à vélo doit s’appliquer dans toutes les écoles
À tout âge, il est possible d’apprendre à faire du vélo ou de se remettre en selle. À Paris, les vélo-écoles associatives comme celle du 20e arrondissement sont prises d’assaut. Il y a parfois plus d’un an d’attente, signe de l’engouement de toutes et tous pour le vélo.
Paris pourrait développer des vélo-écoles municipales et proposer l’apprentissage et la remise en selle dans les cours du soir pour adultes proposés par la Ville.
Il existe des vélos adaptés pour les personnes dont la condition physique ne permet pas d’utiliser un vélo classique. Ces vélos sont encore difficiles à trouver et coûtent cher à l’achat. La Ville a un rôle à jouer pour permettre à toutes et tous de trouver le vélo qui lui convient le mieux : permettre de tester différents modèles de vélo avec l’accompagnement de personnes formées, renforcer le montant des aides existantes et la communication sur ces dispositifs.

©Codep75-FFvélo
